Septembre au bord du quai fige un instant de brume,
Le temps rythme les pas vers d'autres aventures ;
Un train fend le matin telle une étrave obscure,
Et l’été se défait des souvenirs d’écume.
Des ailes se déploient mais déjà l’heure glisse ;
Une main reste là quand l'autre ouvre la sienne ;
Plus loin, le rail se meurt en des courbes anciennes,
Et nul ne sait jusqu'où divaguera Ulysse.
Il n’est plus question d’île, encor moins de rivage :
Le vent prend le relais et commande au voyage ;
C'est l’instant du départ qui contient les après.
Une ancre au fond de l’eau retient pour un moment ;
Puis l'Odyssée reprend et l'on vogue à son gré,
Sans savoir si un jour reviendra le présent.
