Pardonnez-moi pour toutes les larmes que j'ai tirées,
Pardonnez-moi pour tous les silences que j'ai brisés,
Pour les paroles que j'aurais dû garder,
Et pour tous ces mots perdus quand j'ai choisi de museler mes pensées.
Pardonnez-moi pour les nuits où votre sommeil portait le poids de mes silences,
Quand les jours brillaient de mon absence.
Pardonnez-moi d'avoir reproché à votre amour d'être trop bruyant,
Quand j'entendais des reproches étouffants.
Pardonnez-moi d'avoir transformé les rires en silences pesants et inquiets,
D'avoir creusé des rides et de profonds cernes sous vos yeux fatigués,
Pardonnez-moi pour l'affolement dès que votre téléphone sonnait,
De vous avoir forcés à suspendre vos vies pour que la mienne puisse continuer.
Pardonnez-moi de vous en avoir voulu d'exister,
Quand moi-même je pouvais à peine subsister.
Pardonnez-moi pour toutes ces gifles assénées en vous,
Quand vous vouliez juste remettre de la couleur sur mes joues.
Pardonnez-moi d'avoir voulu perturber votre tranquillité,
Elle me renvoyait à ma propre insécurité.
Pardonnez-moi pour mon égoïsme qui vous a éclaboussés,
Pour mes monologues féroces après des heures d'une tranquillité affectée.
Pardonnez-moi si mes mots tranchaient,
Quand les vôtres, pourtant, crépitaient.
Pardonnez-moi pour ces coups intangibles que je vous ai portés,
Je ne voulais pas être la seule à les transporter.
Pardonnez-moi, parce que, malgré tout, je ne sais toujours pas apprécier ma lueur,
Ce n'est pas de votre faute, pas plus de la mienne d'ailleurs.
Et puis, un jour viendra
Où la culpabilité ne consumera plus mes joies,
Cette boule dans le ventre est encore là, mais le noeud s'est lentement défait,
Cette sensation d'oppression n'a pas totalement disparu mais je peux enfin respirer.
Moi, je n'aurais peut-être pas changé,
L'amour que j'ai reçu, pourtant, m'aura sans doute transformée.
Je ne suis pas condamnée à me regarder avec les yeux du passé.
