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Poème écrit par Salus

Fuite

1
Partir ? Pour aller où, partir !
Ce monde est long, c’est une larme ;
Il résonne, isolé,
D’un éternel vacarme ;
Voyez courir l’écureuil roux…

Comme toute couleur se cache au cœur du blanc,
Ce monde est d’une trame
Ocellée,
Où la folie affleure en filigrane
Comme au basson sans yeux d’un sourd
Cette vibration grave au creux du ventre…


Démon des bois et des monts,
Dur désorienteur,
O génie, ô menteur aimanté !
Je souscris à ta loi,
Toi dont nul bât ne blesse,
Toi qui feras s’effacer la noblesse
Et tarir le Léthé !

Mais l’espoir d’une chance insensée
Est chaste lâcheté...


…Passe le temps qu’un chat se lèche…


Depuis, pourtant, partout, de tout mon sang,
J’attends, magie, après que ta romance
Eût engendré les fils masqués du sens,
De baigner en fumée, en quintessence,
En volutes d’air humé, cet encens,
- Cinquième élément, corps, substrat, fragrance,
Feu corail, soufre et sel au franc cristal.

Mais bouge, enfin ! Ce mur monumental…

Que pierre ne demeure
Sur pierre ;
Qu’au pire je me meure,
Poussière,
Ravi pour avoir vu se passer quelque chose,
Alchimiste studieux, de ma métamorphose.

Tous droits réservés © Poème posté le 06/09/2026 par Salus

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