Ce n’est pas moi qui prends la route
Mais c’est la route qui me prend*
Et m'entraîne coûte que coûte
Entre ses griffes de tyran
Je me l’étais imaginé
Ce départ, le cœur moins amer
Et mon bagage moins chargé
Du poids des larmes de ma mère
Je l’avais déroulée ma route,
Naïvement, avec aplomb,
Terrassant l'armée en déroute
D'un ennemi truffé de plomb
Mais me voilà sur cette route
Un parmi d’autres de mon âge
Qui sous le casque, à grosses gouttes,
Suent leur angoisse, s’encouragent
Avec des mots pleins d’arrogance
« On va tous les crever ces rats,
Du fond de leurs galeries rances
Pas un seul ne s’échappera ! »
Le fusil nous battant les reins
Nous nous jetons dans la tempête
L’horizon virant au carmin
Les drones ronflant sur nos têtes.
La route est crevée de cratères
Entre des monceaux de gravats
S’ouvrent les portes de l’enfer
Nous nous y ruons "A Dieu vat !"
