En d’autres temps résonnait le chant du départ
exilant les forces vives des plus humbles chaumières.
A la face des trains s’éternisaient les mouchoirs
de cent désespoirs , dans le vent des bannières.
Dans la quiétude des ports bruissait le chant des amarres,
le chant de marins transis de fièvre hauturière.
Un ciel d’ex-voto prodiguait une clarté avare
sur les choeurs de pleureuses de la patrie amère.
Et moi qui n’avais que l’ennui comme oriflamme
je partais sur des chemins qui ne mènent nulle part,
voyage en bandoulière, las des bleus à l’âme,
et je quittais , joyeux , mon passé sans un regard .
