J’ai bâti ces murs gais, apposé chaque brique
Érigé les montants, irisé de rideaux
Les murets ajourés, ciselé les linteaux
Pour fonder mon pays, que j’aime si unique.
Que de pas ont tracé tous ces ans que je pleure
Les ondées sur le toit ont bercé mon sommeil
Mes rêves s’échappant pour trouver le soleil
Des croisées de bois chaud et chanter ma demeure.
Je ne puis achever mon histoire en ces lieux
De mon lit m’envoler, la conter aux cent dieux
Ce corps las m’a ravi à jamais la chance.
Mais voilà mon Charon, trahison du destin
Ô ma maison, adieu, je termine la danse
À l’EHPAD loin de toi, pense à moi au matin.
