La rose d'outre-monde aux rêveries lointaines
Offre sa beauté pure en ultime soleil,
Princesse des jardins sur le sable vermeil,
Elle dresse sa tige au-dessus des fontaines.
Son vêtement soyeux aux vagues incertaines
Ondule dans la brise et chasse le sommeil,
Le poète songeur lui demande conseil,
Comment dire la grâce en rimes suzeraines ?
Elle répond sans fard qu'il faut cueillir le temps,
Imiter le nuage et travailler longtemps,
Pour ourler la parole et l'azur indicible.
Le charme est mot de soie, il se donne parfois
Mais ne s'achète pas, il demeure invisible,
Murmure du silence et vêture des rois.
