Pourquoi donc nous faut-il, au final, rendre l’âme?
S’agissait-il d’un prêt, acquis à notre insu,
Un prêt sur gage en somme, aux conditions infâmes,
Sachant qu’on ne pourrait jamais payer son dû?
On pourrait continuer de jouer sur la scène
De ce monde étonnant, par instants merveilleux,
En dépit des horreurs et des propos obscènes,
Chassant le vague à l’âme, s’efforçant s’être heureux.
On pourrait continuer d’aimer la solitude,
Sans une âme qui vive pour troubler nos émois
Contempler simplement, adoptant l’attitude
Du témoin exclusif d’un spectacle de choix.
Ne suis-je pas bonne âme? Dénué de grandeur d’âme?
Suis-j’ comm’ une âme en peine, accablée de malheurs,
Coupable de larcins ou de conduite infâme?
Pourquoi donc rendre l’âme au moment du bonheur ?
