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Poème écrit par Epiphania

Le seigneur des forêts.

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Par une lune éclatante, sa dulcinée l’avait suivi. Désormais son humanité gisait dans une malle sans clé, sous le dais pesant de la trahison. La fraîcheur des sous-bois avait tempéré sa fureur, et loin des vaines jalousies, la malédiction s’était muée en salut.

Nulle flatterie ne dictait plus son instinct. Les ronces qui lui déchiraient les flancs étaient plus douces que les rivets d’une armure, les douleurs de la faim moins cruelles que les langueurs de l’amour, et le goût rouge de la chair avait supplanté tous ses plaisirs.

Sourds aux appels des rabatteurs, les limiers en cavale avaient flairé leur maître. Le seigneur des forêts fuyait la meute des hommes et leurs appétits tapageurs. Mais sa plainte endeuillée, lugubre sérénade lacérant la nuit, attendrissait les dames aux bras de leurs amants.
Librement inspiré du lai de Marie de France : « Bisclavret ».

Tous droits réservés © Poème posté le 14/08/2026 par Epiphania

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