Le Sac et l'Enfant
Sous la lune rousse des djebels,
Là où le thym sauvage ne fleurit plus,
Un pas racle la terre cuite,
Un sac de bure heurte les cailloux.
Boukhancha, Boukhencha, Bou-khen-ka,
Ton nom est un grelot fêlé,
Trois syllabes, trois coups de cognée,
Dans la forêt qui se tait.
Tes doigts sont des racines mortes,
Tes yeux, deux puits sans fond,
Mais quand tu caresses ton sac de toile,
C'est un ventre que tu berces, rond.
"Viens, viens," souffles-tu aux braises,
Les enfants sont des lucioles,
Sous ta paume, ils se consument,
Et leur rire, tu le violes.
Pourtant, la nuit, seul, sous l'euphorbe,
Tu dénoues ta proie, tu la poses,
Tu comptes ses cheveux comme des épis,
Et tu pleures, sans larmes, les choses.
Es-tu le loup, es-tu la mère,
Qui dévore pour mieux retenir ?
Boukhancha, ton sac est une terre,
Où les petits vont pour ne plus mourir.
Poème écrit par
Nihilisteo
Boukhancha
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Tous droits réservés © Poème posté le 13/08/2026 par Nihilisteo
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