Le soleil teint les chaumes de son plus bel or
Le train court, gracile, vive onde serpentine
De la ville-lumière, il a fuit sans remords
Loin des pistes cyclables, empli dans ses berlines.
Il brille, alangui, se confond avec l'eau
Des fleuves traversés, rivière de vapeur
Aux trilles attendris, égayant les oiseaux
Qui s'envolent honorés par l'élan du coureur.
Promeneurs, admirez l'éclair bref qui surgit
Un instant dans vos yeux s'impriment ses couleurs
Fil furtif qui s'éteint aussitôt par magie
Mirages éperdus de wagons enjôleurs.
Les pays réunis défilent accueillants
Forêts, prés, vals cachés, doux tableaux qui se fondent
En un tout étiré sous l'astre bienveillant
Pèlerin de métal, il parcourt tout un monde.
Jours et nuits, sans arrêts, il s'approche impatient
De son but enflammé, secret tu pour tous ceux
Habitant au plus près d'un plan efficient
Spectateurs des fumées, ils se savent chanceux.
Crissements dans le noir, neige grise d'été
Voyageurs amenés, courant sous le portail
Qui pour eux annonce bientôt l'éternité :
En lettres maudites on lit "Arbeit macht frei".
