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Poème écrit par Banniange

Lycanthropie

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Sur la lande lugubre et ses sombres étangs
Où un silence en deuil s’enfonce dolemment,
On le voyait errer le corps en tremblement,
La toison hérissée, l’œil injecté de sang.

Cherchant à assouvir ses pulsions assassines
Qui l’incitaient les nuits à semer le carnage,
Quand Séléné* là-haut se montrait en gésine
Dans son éclat spectral, sa nudité sauvage.

Qu’avait-il donc commis pour un tel châtiment,
Lui, naguère princier dans son fief, si puissant ,
Aimé de ses sujets, cerné de courtisans,
Comblé par ses amours comme un grand conquérant ?

Il avait pourchassé dans les forêts livides,
Toutes épouvantées par de longs hurlements,
Cette louve blanche, féroce et impavide,
Répandant la terreur dans les hameaux sanglants.

Quand il parvient enfin à occire la bête,
A sa place il trouva une dame défaite,
A l’agonie, elle maudit son meurtrier
Désignant de sa main la reine des sorciers.

« Elle me vengera et tu seras damné
Car j’étais sa fille, Hécate est mon nom**,
Lorsqu’elle brillera dans le ciel moribond
C’est toi qui deviendras la bête que j’étais.

Mais tu seras conscient de la métamorphose,
Humain tu resteras ce bipède morose,
Associé à la mort par tes crocs enragés,
Tu verras impuissant toute ta cruauté ».

C’est la désolation qui règne maintenant
Sur toute la région où rôde le dément,
Les fleurs n’éclosent plus, les oiseaux sont muets,
Les arbres sont courbés et le soleil voilé.

Quand accourent les ténèbres et les frimas
Retentit un cri funèbre comme le glas,
Des cryptes en effroi aux tombes dévastées,
Des temples sonores aux bougies affolées,

La peur étrangle tout de ses serres brûlantes,
Les gorges mortifiées et les voix chevrotantes,
Il faudra sacrifier quelques belles pucelles
A ce monstre assoiffé de chairs de jouvencelles…

« Oh Seigneur, quelle souffrance dois-je endurer
Quand l’heure redoutée de loin vient résonner,
Je sens tous mes membres se désarticuler,
Des griffes et des dents vont me défigurer.

Je deviens une horreur poussé à tous les crimes,
J’accomplis mes forfaits en jouissant, immonde,
De sentir la frayeur envahir tout le monde,
De lacérer les peaux de ces vierges sublimes.

Seule consolation en cet hideux destin,
Mon malheur cessera aujourd’hui ou demain
Car je sais qu’une nuit un chasseur, froidement,
Me brisera le cœur d’une balle en argent
Avant que lui aussi ne devienne un damné,
Un autre loup-garou bientôt persécuté".
*Séléné désigne la pleine lune
**Hécate désigne la nouvelle lune

Tous droits réservés © Poème posté le 06/08/2026 par Banniange

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