Dans la blanche torpeur de deux Sphinx endormis,
S'étendent les langueurs des palmes nilotiques,
L'ombre d'une déesse au voile énigmatique
Parée de mille éclats de lapis-lazuli.
Sous les voiles du Nil s'étire un vieil oubli,
La lune irise des murs hiéroglyphés,
Éclat d'azur antique aux splendeurs oubliées,
Et veille le désert sous son masque pâli.
La prêtresse recueille un reflet sur la pierre
Où tremble dans la nuit une obscure lumière ;
Le dieu Ré s'en retourne aux rivages d'ennui.
Puis le vent assoupi referme le silence
Sur les pas effacés d'un songe évanoui,
Tandis que l'aube perd son nom dans cette absence.
