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Poème écrit par Epiphania

Le Rescapé.

Le soleil avait bu la dernière ombre quand la carlingue, tel un dragon enfoui, cracha son ardente langue de feu. N’ayant plus que ses mains pour boussole, l’aviateur estima l’horizon brûlant de sa mort… Nul petit prince égaré ne comptait sur sa vie, et dans l’immensité du matin, le désert lui ouvrait ses bras mouvants.

La douceur du sable le surprit, atténuant l’ardeur de sa marche, tandis que la soif lui inspirait des mirages plus beaux que la mer. Chaque dune épuisée en générait une autre, sablier sans cesse retourné : la chaleur battait au rythme de son cœur lorsqu’il tomba, bercé par le rêve d’une silhouette drapée de nuit.

Sous les reflets changeants d’une toile de tente, il s’éveilla au chant bigarré d’un bédouin dont la chorégraphie aérienne ébauchait un thé invisible. Le vent s’était levé quand retentit au loin un carillon familier, conviant les deux enfants à quitter l’étendue sableuse et son théâtre de destins en suspens.
À mon frère, dont l’imaginaire a peuplé mon enfance.

Tous droits réservés © Poème posté le 27/07/2026 par Epiphania

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