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Poème écrit par Viemartienne

Reste le sable

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Cette nuit-là,

Le ciel s'était fendu
Dans sa blessure s'englue
Une lune crochue

La montagne
Avait entrouvert ses lèvres.
De sa bouche immense
S'écoulait un sable de fièvre
Qui avait corrompu son essence.

Un vent infiniment noir
Soulevait dans cet étrange soir
Des milliards de grains miroirs.

Les dunes grandissaient,
Immenses bêtes couchées
Dont les flancs haletaient.

Le sable rampait sous les pierres
Avec des lenteurs de reptile,
Avalant les bruyères
Et le vivant en péril.

Sur le chemin de pénombre,
Un enfant riait, infatigable,
Sans savoir que le sable
Avait déjà mangé son ombre.

Puis, le sable, entra dans les maisons.

Il stagnait dans les vaisseliers,
Avait gravi les escaliers,
Effaçait les traces de pas.
S'insinuait dans les draps,
Recouvrait les photographies,
Avant que les visages s’oublient.

Les horloges s’étaient enrayées.

À l’aube,
Il ne restait de la ville qu’un chaos,
Quelques cheminées en lambeaux
Dressées vers un ciel sans oiseaux.

Et les dunes se gonflaient et avançaient…

Tous droits réservés © Poème posté le 24/07/2026 par Viemartienne

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