Samson est un garçon heureux, souhaitant, avant,
De celui qui sait tout, une bonne parole,
Un geste tendre, d'un papa lequel cajole !
Un jour, il le comprit ; tout cela n'est que vent.
Il claqua la porte et se coupa tous les tifs
Afin de plaire à Dalila, la séductrice.
Fort vite, elle devint son énergie motrice,
Surtout quand elle ôtait son ravissant soutif.
Pour être indépendant, il fallut travailler ;
Il entra vaillamment dans cette vie active
Qui fournit des objets et, sans jamais bailler,
Il cédait aux étals sans compter sa salive.
On le mit à la meule, il en poussa la roue.
Ainsi, chaque matin, commençait la routine
Qui tant plaisait au manager ! Nulle mutine
rie chez ce canasson qui jamais ne s'ébroue !
Il avait la litière et l'avoine assurées !
Que demander de plus quand tourne le manège ?
Il était intégré, même si pressuré,
Satisfait de compter dans ce glorieux cortège.
Faute d'esprit, il possédait celui de corps,
Lequel tout autant rend docile, obéissant.
Jamais ses yeux ne virent un autre décor ;
Il ne se lassait pas de suer eau et sang.
Tous les deux ans, comme à l'école, on lui donnait
Un beau satisfecit et un livre d'images !
Le chant de l'entreprise alors fut entonné !
On était sûr que chaque enfant serait bien sage.
C'était un monde stable, il y contribuait ;
Car il savait rester à cette place juste
En dehors de laquelle il était embué.
Du père fondateur, il adorait le buste.
Vint le jour qu'on cassa tous les bras de la meule.
Des chaînes libéré, il ne sut où aller.
Collègues et amis jouèrent au plus veule
Pour en soute à rebuts finir par s'affaler.
C'est l'heure où le bétail va chez l’équarrisseur.
Avec le fils de l'éternel, elle est partie.
Samson devra tout seul réussir sa sortie
Car Dalila jamais ne fut d'Icare sœur.
