Sous sa crinière le noyer
somnole la paupière lourde
alors qu'un couple de ramiers
radote sa berceuse sourde
autour du bassin où clapote
en son miroir un ciel radieux
à petit feu l’été mijote
avant d'exploser monstrueux
l’aiguille bleue des libellules
à l'oreille des nymphéas
pique un bijou, une virgule,
plante fugace un aléa
Ce frais jardin menthe poivrée
cette oasis au cœur framboise
à l’œil griotte est un peu fée
offrant au sommeil une extase
"Le bonheur dort sous la ramée
Veuillez ne pas le déranger »
