Sa maison, piètre cabane de bruyère,
Dort comme un mas oublié d'une vallée,
Une vallée sans voix, sans allée,
Sans horizon, sans rêve d'estuaire.
Au fond du trou, à l’ombre des dards du soleil,
Elle puise sa vie à une source vermeille,
Invention d’un obus de mitraille,
Au creux d’un cratère de bataille.
Ses rêves se sont ensevelis,
ensablés, meurtris,
Trop longtemps égrainés
Dans ce désert calciné.
Par une nuit obscure, un insecte égaré
Glissa dans le ravin aux flancs escarpés.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, il était nu,
Blessé, aux soins d’une inconnue.
C'est elle, la femme des sables,
La mante ensauvagée,
Maternant ce captif inenvisagé,
Pour jouir sur lui ses rêves ineffables.
