Longtemps le paysan sur sa terre penché
A force de travail en se tordant la hanche
S'était les reins cassés Sa chevelure blanche
Sur sa tête trônait Jamais il ne flanchait
Désormais nous vivons assis dans la semaine
Autant que le week-end les mains sur le clavier
L’œil rivé sur l'écran Posés sur un ravier
Des trucs nous grignotons Voici la vie qu'on mène
Un métier d'avenir montre l'évolution
De ce qui fut avant un gaillard bien solide
Qui de varices souffre Il n'a de jeu torride
Pour donner de cela la moindre explication
Comme dirait Rimbaud il est un membre assis
Il vivra calmement au moins octogénaire
Ainsi tel un penseur de beaux octos génèrent
Tandis que doux rêveur il sirote un cassis
Ô oui le beau métier qui de tout fondement
Explore les replis débusque les crevasses
Et dans les grottes trouve aux murs d'anciens palaces
Ce qui fut le frémir d'un jeune entendement
Il connaît des humains les mœurs et habitudes
Tous les jours il en voit Il en rêve la nuit
Il prospecte et il sonde aux sources de l'ennui
Les peurs de ce cerveau si sensible et si prude
Pourquoi la poule pond une forme ovoïde
Pourquoi la goutte d'eau adopte-t-elle aussi
Cet aspect sans lequel tout choir serait occis
Pour bien seoir il nous faut aimer nos héroïdes
Il est de la chair tendre un neuf archéologue
Pour être un médecin il étudia longtemps
Le marché évolue et il fut bien content
Que fut tant demandé le toubib proctologue
