C’était un été sur les routes du monde..
Dans l’azur l’oiseau criait la joie, et l’ombre
Etait lente, et loin les fards blancs de décembre !
Une part d’espoir fleurissait dans la menthe,
Murmures, sueurs des mousses et des simples…
Eternels éthers, cieux ! sur la nature ample ;
Feux forts de l’aurore, ô fée enfuie ! Aux antres
Des dieux, où l’aède, en vain, tâtonne l’Alpe,
La vie enfin diurne éveillait les rondes
Des insectes fiévreux dont l’aile zonzonne
Et fait vibrer l’air libre en sons de mandore ;
… Et la bohème est bonne, aussi loin des tombes !
Images et beautés, changeants paysages,
Apparition du jour, liges émergences,
Féalité dorée, agissements d’anges
Allumant au matin le jeu des arpèges…
C’était - pauvres mots - beau ! d’horizons fragiles,
Et ça fumait d’eau, d’or, d’existences grêles,
Un tableau naissant, l’art, des pinceaux de mages
Qui changeaient la touche, ambre, aplat, des tons grèges…
