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Poème écrit par Louis Vibauver

Panégyrique d'un grain de sable

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Bien sûr que j'en ai plus qu'un grain
Pour être dit-on à la masse
Et pourtant chez moi c'est certain
Aucune foule ne s'entasse.
C'est le vide, c'est le désert
Avec ses dunes et ses tempêtes,
Ses jours semblables à l'enfer
Et ses nuits où le froid vous fouette.
Depuis que je me décompose
Je suis désormais peu de chose,
Juste l'un de ces grains de sable
Qui roule, voyage, nomade.

Je n'aime pas la solitude
Pour facilement me lier
Et qu'avec de la promptitude
Je cimente des amitiés;
Dès lors je suis tel du béton
Armé pour à tout faire front
Et résister aux cataclysmes
Comme aux secousses des séismes
Depuis que je me décompose
Je suis c'est vrai bien peu de chose,
Juste l'un de ces grains de sable
Aux effets parfois dommageables.

Au milieu des fleuves, des mers
J'ai mes îlots, mes keys mes bancs
Et longeant les côtes, les rivières
J'ai ces plages qui plaisent tant.
Bien sûr que j'en ai plus qu'un grain
Pour être dit-on à la masse
Et qu'à partir du mois de Juin
Sur moi on s'amasse, se prélasse;
Depuis que je me décompose
Je suis c'est vrai bien peu de chose,
Juste l'un de ces grains de sable
Qui se prête à vos incartades.

Avec des pelles et des râteaux
Les enfants me font des châteaux
Et leurs oeuvres bien éphémères
Succombent aux flux de la mer.
J'ai des marchands pour endormir
Dans des sommeils de plomb le temps
Et mes grains qu'on ne peut tenir
S'écoulent dans vos mains fuyant.
Depuis que je me décompose
Je suis c'est vrai bien peu de chose,
Juste l'un de ces grains de sable
Qui vous est si indispensable;
Juste l'un de ces grains de sable
Qui reste là imperturbable
Et peuple le Thar, le Gobi
Et des mers des fleuves le lit.

Tous droits réservés © Poème posté le 01/07/2026 par Louis Vibauver

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