Vague à l’âme
4
Quand le jour se défait dans un pâle silence
Et que tout paraît vide au cœur des heures lentes,
L’ennui pose sur nous son manteau d’indolence
Comme un ciel immobile aux lumières absentes.
Nous croyons voir en lui l’ombre d’une misère,
Un désert sans chemins, un inutile poids ;
Mais il cache souvent, sous sa cendre légère,
La braise d’un secret plus profond que nos voix.
Car lorsque tout se tait dans la chambre de l’âme,
Quand s’effacent les cris et l’orgueil des vivants,
Une pensée plus nue, plus ancienne que flamme,
Se lève et parle bas dans le souffle du vent.
Les morts eux-mêmes alors semblent proches encore :
Leur mémoire traverse et le feu et les eaux ;
Ils veillent dans l’air clair où le temps se dévore,
Comme un chœur invisible au seuil de nos repos.
Ainsi l’ennui n’est pas le vide que l’on craint :
C’est l’instant où le monde enfin se retire
Et où l’éternité, dans le silence humain,
Trouve en nous un regard capable de l’entendre.
Le 13/03/26
Et que tout paraît vide au cœur des heures lentes,
L’ennui pose sur nous son manteau d’indolence
Comme un ciel immobile aux lumières absentes.
Nous croyons voir en lui l’ombre d’une misère,
Un désert sans chemins, un inutile poids ;
Mais il cache souvent, sous sa cendre légère,
La braise d’un secret plus profond que nos voix.
Car lorsque tout se tait dans la chambre de l’âme,
Quand s’effacent les cris et l’orgueil des vivants,
Une pensée plus nue, plus ancienne que flamme,
Se lève et parle bas dans le souffle du vent.
Les morts eux-mêmes alors semblent proches encore :
Leur mémoire traverse et le feu et les eaux ;
Ils veillent dans l’air clair où le temps se dévore,
Comme un chœur invisible au seuil de nos repos.
Ainsi l’ennui n’est pas le vide que l’on craint :
C’est l’instant où le monde enfin se retire
Et où l’éternité, dans le silence humain,
Trouve en nous un regard capable de l’entendre.
Le 13/03/26
