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Des anges passent

Des choses qui arrivèrent il y a si longtemps,
Qu’elles touchent à la légende, à l’irréalité,
Repassent en coup de vent et s’échappent dans l’instant,
Comme une neige de printemps, un banc de brumes d’été.

Je cherche des bricoles au maestro Fellini,
Qu’il constelle ma bobine : l’Amarcord perso
Perce à jour, pantomimes d’infimes épiphanies,
Mes comparses et mes mues, muettes à la Marceau.

J’accorde mes violons, nos versions concordent,
Au pierrot automnal, qui apprit de Verlaine,
Les cordes sensibles, ses soli m’accordent,
Remuant le pathos, des ondées de galène.

Carcasses de Concorde, temples Incas engloutis,
Inventions qui changèrent, des Hommes, la trajectoire,
Contorsions circassiennes, broutilles gagne-petit,
Entorses temporelles, à l’aune de notre histoire.

Des cerisiers en fleur, ce n’est ni le Japon
Ni ne Pérou, mais presque et les soirs tiennent salon,
S’assoir, banc tavelé, suspendu tel un pont
Aux lianes, le temps qui court trouve le temps d’être long.

Un idiot de village aux éparses expressions,
Qui s’absentent, reflétant le vide inquiet du monde,
Effarement : jouxtaient le sublime et l’immonde,
Dans sa caboche huileuse et en déréliction.

Dans la cohue d’Orly, l’instante apparition,
D’un ange tombé du ciel, un messager divin,
La preuve de sa présence, coolie charnel, qu’en vain,
Je poursuis d’un regard, que terrasse l’émotion.

Des vapeurs s’éloignant de mes terres d’élection,
Plus distantes que Mars, qu’esprit lunaire, je tente
Percevoir virginales, qu’éclatent les sensations,
D’être emporté, goutant l’humus des pluies battantes.

Tous droits réservés © Poème posté le 12/03/2026 par Deshaiessaintes

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