Le souffleur
2
Pour autant que je m'en souvienne,
Lorsque je fus jeté en scène
Devant le monde pernicieux,
Afin de bien tenir mon rôle,
Le dieu des vents, le vieil Éole
M'a offert un concours précieux.
J'ai été servi par la chance
Étant né par inadvertance
Dans le beau pays du Mistral
Qui ne fait pas dans la dentelle
Pour imposer par la tutelle
Son caractère magistral.
Enfant, j'aimais, sous son emprise,
Saisi par une ivresse exquise,
Me cacher dans quelque buisson
D'où son mugissement sauvage
Qui faisait bruire le feuillage
Me ceignait d'un divin frisson.
Plus tard, certains de ses confrères
Au cours de mes itinéraires
Ont su aussi me secourir
Comme le Cers, la Tramontane
Actifs sur la côte Occitane
Où ils règnent sans coup férir.
Le Marin, ce cosmopolite
Avec l'Autan son acolyte
Ont cependant moins ma faveur
Mais le Noroit emblématique
Du vaste domaine atlantique
A été souvent mon sauveur.
Lorsque sévissait sur ma vie
Le calme plat, le mal d'envie
Pour me hisser d'un échelon
Je cherchais l'appui bénéfique
D'un souffle lettré, poétique,
Le Zéphyr tendre ou l'Aquilon
Ou bien celui non moins fiable
Dont le nom paraît vénérable
Comme le Grec, le Sirocco,
Le Levant, le Horsain, la Burle,
La Bise cruelle qui hurle,
Le Lombard, le Mezzogiorno.
Ainsi toujours d'où qu'il provienne,
Pour tenir mon rôle sur scène,
J'ai pu disposer d'un souffleur
Qui m'aide pour dire mon texte
Qui m'inspire au moindre prétexte
Et qui console ma douleur.
Lorsque je fus jeté en scène
Devant le monde pernicieux,
Afin de bien tenir mon rôle,
Le dieu des vents, le vieil Éole
M'a offert un concours précieux.
J'ai été servi par la chance
Étant né par inadvertance
Dans le beau pays du Mistral
Qui ne fait pas dans la dentelle
Pour imposer par la tutelle
Son caractère magistral.
Enfant, j'aimais, sous son emprise,
Saisi par une ivresse exquise,
Me cacher dans quelque buisson
D'où son mugissement sauvage
Qui faisait bruire le feuillage
Me ceignait d'un divin frisson.
Plus tard, certains de ses confrères
Au cours de mes itinéraires
Ont su aussi me secourir
Comme le Cers, la Tramontane
Actifs sur la côte Occitane
Où ils règnent sans coup férir.
Le Marin, ce cosmopolite
Avec l'Autan son acolyte
Ont cependant moins ma faveur
Mais le Noroit emblématique
Du vaste domaine atlantique
A été souvent mon sauveur.
Lorsque sévissait sur ma vie
Le calme plat, le mal d'envie
Pour me hisser d'un échelon
Je cherchais l'appui bénéfique
D'un souffle lettré, poétique,
Le Zéphyr tendre ou l'Aquilon
Ou bien celui non moins fiable
Dont le nom paraît vénérable
Comme le Grec, le Sirocco,
Le Levant, le Horsain, la Burle,
La Bise cruelle qui hurle,
Le Lombard, le Mezzogiorno.
Ainsi toujours d'où qu'il provienne,
Pour tenir mon rôle sur scène,
J'ai pu disposer d'un souffleur
Qui m'aide pour dire mon texte
Qui m'inspire au moindre prétexte
Et qui console ma douleur.
