Dans tous mes états
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Moi blottie, ligotée au fond d'un rond cocon,
Passeront les saisons, je naîtrais moi chenille
Emberlificotée endormie au flocon
De l'hiver casanier revêtu de guenille
Petite et apeurée en la soie un exil,
Sensible aux sifflotis des oiseaux, de la brise,
—Je moisis dans les fils, protégée du grésil—
Accrochée en hauteur, tremblante et si éprise
Ma prison me contient, je deviens mon propre œuf,
En mon tas, cet amas, tout morveux, moi la larve,
J'éclorai malgré moi, le beau jour sera neuf
—Abjurant à présent la beauté de ma varve—
En mon nid suspendu comme un blanc carillon,
Je ressens le confort, dedans ma chrysalide
Au printemps qui fleurit devenant papillon,
—Début du changement de couleur, moi timide—
Mon habit, mon abris, ma maison j'ai cousu,
—Pour partir m'envoler, vivre des vies nouvelles—
Floribond et content m'absentant du tissu
Tout percé, je me sens battre des fraîches ailes,
Désormais ingénu éveillé au doux vent,
—M'emportant loin du temps au matin qui m'amuse—
J'oublie tout savamment, et je vais de l'avant
Butinant chaque instant, au parfum d'une ruse.
Passeront les saisons, je naîtrais moi chenille
Emberlificotée endormie au flocon
De l'hiver casanier revêtu de guenille
Petite et apeurée en la soie un exil,
Sensible aux sifflotis des oiseaux, de la brise,
—Je moisis dans les fils, protégée du grésil—
Accrochée en hauteur, tremblante et si éprise
Ma prison me contient, je deviens mon propre œuf,
En mon tas, cet amas, tout morveux, moi la larve,
J'éclorai malgré moi, le beau jour sera neuf
—Abjurant à présent la beauté de ma varve—
En mon nid suspendu comme un blanc carillon,
Je ressens le confort, dedans ma chrysalide
Au printemps qui fleurit devenant papillon,
—Début du changement de couleur, moi timide—
Mon habit, mon abris, ma maison j'ai cousu,
—Pour partir m'envoler, vivre des vies nouvelles—
Floribond et content m'absentant du tissu
Tout percé, je me sens battre des fraîches ailes,
Désormais ingénu éveillé au doux vent,
—M'emportant loin du temps au matin qui m'amuse—
J'oublie tout savamment, et je vais de l'avant
Butinant chaque instant, au parfum d'une ruse.
