La nuit se distingue du matin des nuages,
—Grise et puissante tel l'ancien cinéma
Rappelant toutes ces années qui nous ravagent,
—Ces vagues qui séparent le bateau du mat
Je me sens seul au fond de ton cœur si paisible
Le mien comme un glaçon ne fait plus aucun son,
Toi la femme qui fut de mon bonheur la bible,
Toi qui m'as offert du naufrage le frisson
—Toi brillante, vivante, belle et courageuse,
Je demande aux mémoires pendues au chaînon
Qu'elle fut mon heure de vie la plus heureuse,
—Tu détiens l'amour lui ne connait que ton nom
Nous en notre puberté paillarde et fidèle,
Imprudent aux genèses de nos passions
Zélé tels des anges perchés sur leur ombelle,
Rien n'était fait pour qu'ensemble nous subsistions
—Ma moitié d'amour ne s'emboite dans la tienne,
Moi j'étais si peu, aussi peureux que fougueux,
Que ma tristesse plus jamais ne te parvienne
—Que j'oublie ce qui dans ma vie fut fabuleux.
