Rubaiyat (Quatrains)
1
لرباعيات
Si le temps, sur l'horloge, ne laisse de traces
c'est que le temps, bien entendu, est fait de grâce
Lui seul pétrit l'esprit, agrément de sagesse,
Grand sculpteur expérimenté auprès de masses.
الرباعيات
Si la parole s'envole et que l'écrit reste
C'est que parole prend forme de l'air qui règne,
Balayée des quatre vents, plume, elle, se pose
Sur les versets véraces et le ciel livresque.
الرباعيات
Je met en ma plume, en tout premier lieu, le bien
Dextère et longévif, il est celui des miens,
Tant que mes doigts écriront, bénédictions,
Le vrai sans rature, en l'oeuvre Est Dieu Le Lien.
الرباعيات
Entre visible et invisible se veut l'homme
La dimension du paraitre ici se gomme
L'image vient de l'esprit non-matériel
Qui juxtapose au souffle le bienheureux dogme.
الرباعيات
Voir peindre la très belle idée de l'art aux heurs,
Atteindre la sérénité de la hauteur,
Voila des pensées qui traversent l'esprit calme,
Parfums de sage éternité, de l'âme, honneurs.
الرباعيات
Dans le silence se trouve le grand espace,
celui du possible cheminement exact,
Discret et à l'abri du tumulte, il attend
Que quelques-uns arpentent ce lieu sans ersatz.
الرباعيات
La traduction de « rubaïyat » est « quatrains »
Les deux premiers vers d'un rubaï (singulier de rubaïyat) riment ensemble avec le dernier, le troisième étant un vers libre. Selon Sadegh Hedayat, le quatrain persan est composé de deux distiques (beyt), soit au total quatre vers. Le rythme des vers 1, 2 et 4 de chaque quatrain doit en principe être sur le modèle « ¯ ¯ ˘ ˘ ¯ ¯ ˘ ˘ ¯ ¯ ˘ ˘ ¯ », (son bref : ˘ ; long : ¯). Pour l'orientaliste français James Darmesteter (1849-1894), cette forme est « la plus puissante de la poésie lorsqu'elle est maniée par un vrai poète. »
Les deux premiers vers d'un rubaï (singulier de rubaïyat) riment ensemble avec le dernier, le troisième étant un vers libre. Selon Sadegh Hedayat, le quatrain persan est composé de deux distiques (beyt), soit au total quatre vers. Le rythme des vers 1, 2 et 4 de chaque quatrain doit en principe être sur le modèle « ¯ ¯ ˘ ˘ ¯ ¯ ˘ ˘ ¯ ¯ ˘ ˘ ¯ », (son bref : ˘ ; long : ¯). Pour l'orientaliste français James Darmesteter (1849-1894), cette forme est « la plus puissante de la poésie lorsqu'elle est maniée par un vrai poète. »
