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Tu dis qu’il pleut et vente sur la colline...
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«sì che del colpo fu strutta la mente»*
CAVALCANTI

Tu dis qu’il pleut et vente sur la colline
où voguent et pleurent les noirs étendards
des vieux et des preux, des braves et des couards
ayant troqué leur épée pour l’hermine.

Las ! Une ombre passe devant la vitrine
vide de mon cerveau, percé par le dard
d’une Dame qui même cieux fait échoir
dans les ténèbres de l’œil qui se dessine.

Ô vous, frères humains qui avant nous viviez,
ayez pitié de nous ! Ces poudreux tombeaux
seront bientôt le berceau de tous nos maux.

Et vous mes esprits, quoi que vous en disiez,
offrez donc un dernier spectacle aux hérauts
de ces soupirs : toi, moi, lambeaux de nos mots.

*«en sorte que le coup détruisit le cerveau» (traduction de Christian Bec, 1993: 57).

© Poème posté le 02/06/2025 par Maldoror

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