L’effet retour (séances spirites)
1
Le rayon poussiéreux du projecteur diapos,
Ses fantômes qui s’animent sur un drap blanc froissé,
Le moteur qui ronronne, frétille comme un appeau,
Enfantent une bulle diaprée d’omniprésent passé.
Par sa faille temporelle, ou peu s’en faut, happés,
On s’enfonce dans l’enfance, au creux du canapé :
Un rêve réinventé, inventaires d’utopies,
De contes somnambuliques, où lévitent les tapis :
Les jeux anté-ordis, cages à poules, tourniquets,
Les dessins barbouillés, les glaces à la vanille,
Les parents dépassés tournés en bourriquets,
Les plans pas nets ourdis, les palettes aux lentilles.
Les récits tricotés comme un chandail Phildar,
Par les mardis téloches, les séries z zarbis,
Les bâtonnets panés dans la mer d’Arabie,
Péchos par la patrouille, qui rappliquait dare-dare.
Les répliques que dégainent, Homme qui rit ou Bossu,
D’échevelés duels, débouclant mes anglaises,
Les coups d’épées dans l’eau des paluches pleines de glaise,
Maculant le vert d’eau moucheté du tissu.
Le baigneur cabossé, chauve comme un œuf de Pâques,
Le Seigneur slalomé par le chas d’une aiguille,
Le minet de gouttière dont chatoie l’œil opaque.
Qui miaule lorsqu’il se gratte et se frotte sur nos quilles
Les trésors de dix francs, les bagues de pacotilles,
Les longues siestes blottis dans des poufs qui peluchent,
Les vannes qui font pouffer l’hôtel-club aux Antilles :
Ah !es filles s’extasiant sur un trognon soluche !
Grand-huit artisanal de pellicules scotchées,
Les bobines super 8 cahotent au terminus,
Des hertz et des griffures, comme une platine scratchée,
Et sont fondues au noir, nos bobines de minus.
Ses fantômes qui s’animent sur un drap blanc froissé,
Le moteur qui ronronne, frétille comme un appeau,
Enfantent une bulle diaprée d’omniprésent passé.
Par sa faille temporelle, ou peu s’en faut, happés,
On s’enfonce dans l’enfance, au creux du canapé :
Un rêve réinventé, inventaires d’utopies,
De contes somnambuliques, où lévitent les tapis :
Les jeux anté-ordis, cages à poules, tourniquets,
Les dessins barbouillés, les glaces à la vanille,
Les parents dépassés tournés en bourriquets,
Les plans pas nets ourdis, les palettes aux lentilles.
Les récits tricotés comme un chandail Phildar,
Par les mardis téloches, les séries z zarbis,
Les bâtonnets panés dans la mer d’Arabie,
Péchos par la patrouille, qui rappliquait dare-dare.
Les répliques que dégainent, Homme qui rit ou Bossu,
D’échevelés duels, débouclant mes anglaises,
Les coups d’épées dans l’eau des paluches pleines de glaise,
Maculant le vert d’eau moucheté du tissu.
Le baigneur cabossé, chauve comme un œuf de Pâques,
Le Seigneur slalomé par le chas d’une aiguille,
Le minet de gouttière dont chatoie l’œil opaque.
Qui miaule lorsqu’il se gratte et se frotte sur nos quilles
Les trésors de dix francs, les bagues de pacotilles,
Les longues siestes blottis dans des poufs qui peluchent,
Les vannes qui font pouffer l’hôtel-club aux Antilles :
Ah !es filles s’extasiant sur un trognon soluche !
Grand-huit artisanal de pellicules scotchées,
Les bobines super 8 cahotent au terminus,
Des hertz et des griffures, comme une platine scratchée,
Et sont fondues au noir, nos bobines de minus.
