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Le rôle de sa vie
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Fantôme mélancolique,
A quoi viens-tu hanter,
Ce naguère enchanté,
Qu’a déserté ta clique ?

La vérité dénue,
De l’apprêt romantique,
Les souvenirs tenus,
D’être nus en public.

Il ne tourne plus rond,
Le manège nostalgique,
D’essoufflés percherons,
Tes dadas tabagiques.

Il geint, le trot menu,
Hoquète, poulies grinçantes,
Sa rengaine menaçante,
Insidieuse, s’insinue.

Se laisser abattre
Echoit, le jour venu,
Vois, il n’y a au menu,
Qu’un poulet de plâtre.

Rivés à ton mollet,
De compulsif bagnard,
Que son passif amarre,
Cliquètent chaines et boulet.

Fût d’alambic acide,
Vicié, t’a appâté,
La bicoque, coquille vide,
Coque de noix démâtée.

Ainsi qu’une vielle coquette,
Radote : « veux-tu miroir,
Réfléchir à ma gloire ? »
Tu minaudes en socquettes.

« Va, souviens-toi de moi,
Souviens t’en ou va-t’en,
Vicieux me reflétant,
Sans pitié ni émois.»

Tu le saoules, et se noient,
Tes yeux de braise éteints,
Tu ravaudes ton minois,
Tes souliers de satin.

Claudel ? Mais tu claudiques,
Bégaie comme l’alcoolique,
Que tu es devenu :
Abdique, le roi est nu.

T’as le trac, c’est le hic,
Le souffleur est patraque,
En roue libre, sans cric,
Prends tes cliques et tes claques.

Le passé, vu de près,
Cocote comme une catin,
Sa côte t’entraine, exprès,
C’est sa patte, traîne-patins.

Scène de crime primitive,
Qu’il demeure sous scellés,
Qu’il charme ou invective,
Il gagne à s’en aller.



© Poème posté le 20/02/2025 par Deshaiessaintes

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