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Naissance du lycanthrope
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On ne sait plus vraiment, mais il y a fort longtemps,
le monde entier, était dévasté par la main des titans,
dont une poigne de fer, avait mis la terre au supplice,
Gaïa la bleue et l'homme, dont il était le propre fils.

Sous la brillance, de rares étoiles au-dessus d'un désert,
en ce sol infertile, ravagé par le vent d'un nouvel hiver,
semblant être devenu éternel, dans son ultime mission,
d'imposer la disette, en une unique et seule moisson.

Elle n'avait pas de nom, ou bien alors c'était Gaëlle,
sa mémoire avait fuit, telles les notes d'une ritournelle,
un fin tissu de lin, masquant le bleu de ses yeux,
dont la pâle prunelle en avait perdu tout feu.

Elle aurait trébuché, sur un monceau de pierres,
sans un cri, sans un son, ni même une prière,
mais à quel saint se vouer, dans l'agonie du temps,
qui laissait filtrer, seule la horde maudite des vents.

On croit se rappeler, que c'est là qu'il est apparu,
un souffle, une simple odeur, une chose incongrue,
dans un silence de mort, à la mortelle errance,
puis, la senteur de l'animal, avait touché ses sens.

C'était un loup, à l'abord bien peu sauvage,
car rien de lui, ne semblait en avoir l'apanage,
Gaëlle sentait son cœur et non pas cet instinct,
qui aurait pu motiver, à assouvir sa faim.

Une patte blessée, venait de frôler ses doigts,
son pelage exhalait l'animal aux abois,
sans même une réflexion, elle l'avait porté,
et en cette minute, ils lièrent leurs destinées.

On ne sait plus vraiment, mais il y a fort longtemps,
une jeune femme et un loup, avaient mêlé leur sang,
ce qui par le fait, enrichit les veines de la terre,
Gaëlle et le loup, on le dit, avaient chassé l'hiver.

© Poème posté le 18/02/2025 par Okami

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