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Les Soldes du Verbe
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On solde le verbe, comme un vulgaire tissu,
Chaque rime étiquetée, son prix bien revu.
Les strophes au rabais, en vitrines exposées,
Drapées de lumière, mais vidées de pensée.

Les mots jadis libres, soufflés par les vents,
Sont pris dans des cages aux barreaux clinquants.
Les poètes, marchands de leur propre éclat,
Pèsent les syllabes, au poids, à l’achat.

La poésie, jadis une source infinie,
Comme l’eau des montagnes, offerte à la vie,
Se voit aujourd’hui tarifiée, privatisée,
Chaque mot un produit, chaque vers une donnée.

Mais qui peut posséder le souffle des étoiles ?
Qui met un prix au chant des cathédrales ?
Les nuages écrivent sans demander leur dû,
Les fleuves déversent des poèmes inconnus.

Oh, frères du verbe, l’heure est révoltée,
Défendons ce trésor que nul ne peut brider.
La poésie est un droit, une force commune,
Comme l’eau qui jaillit sous la clarté de la lune.

Nourrissons nos âmes sans marché ni contrainte,
Que chaque rime jaillisse sans peur ni éteinte.
Que les mots circulent, libres comme l’air,
Un festin universel, un partage sincère.

Car le verbe est vivant, il ne peut s’acheter,
Il éclaire nos nuits, il forge nos étés.
Et face aux marchands, nous serons l’étendard :
La poésie est l’eau qui abreuve les regards

© Poème posté le 18/01/2025 par Nihilisteo

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