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Peut-être qu’un jour
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Dans cette terre où mes ancêtres sont étrangers,
Où chaque goutte de pluie semble être une larme d'exil,
Les rues se transforment en fleuves de souvenirs,
Et les pavés sous mes pieds résonnent des cris du passé.

Mon père, dans un murmure, m'a conté une histoire,
Une fois seulement, comme un secret chuchoté au vent,
Que ces rues inondées rejoignaient la rivière,
Et que cette rivière, lourdement, se jetait dans la mer,
La mer qui nous appelle, nous les déracinés,
Avec une voix d'outre-tombe,
Promettant des retrouvailles avec une terre perdue.

Le ciel, au-dessus de Paris, pèse comme un couvercle,
Il étouffe les rêves et plie les toits sous son poids.
Chaque goutte de pluie qui tombe est une promesse brisée,
Un rappel du désert, du soleil brûlant,
Qui contraste avec la froideur de cette ville étrangère.

Mais peut-être qu’un jour,
La lumière du crépuscule se penchera tendrement,
Sur les maisons des banlieues, les transformant en mirages,
Comme ces oasis perdues dans le sable,
Et que les toits dorés par l’aube,
Chanteraient la chanson de nos terres lointaines.

Peut-être que la pluie, en lavant ces rues,
Nettoiera aussi nos cœurs alourdis,
Et que des halos de vapeur s'élèveront,
Comme des prières s'échappant vers le ciel,
En quête de rédemption, de pardon,
Pour tous les jours passés loin de chez nous.

Car même dans cette France qui nous est chère et étrangère,
Nous portons en nous l'écho du Maghreb,
Comme une mélodie gravée dans l'âme,
Qui résonne à chaque pluie,
À chaque souffle de vent,
À chaque rayon de soleil timide
Caressant nos visages.

© Poème posté le 03/09/2024 par Nihilisteo

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