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Idylle
3

J’avais aimé,
Plus qu’il ne fût possible,
Son minois doux.

Presque élimé,
L’amour incoercible,
L’amour des fous,

Qui pulse encore à mon cœur en musique,
Le saviez-vous ?
Elle en valait l’envolée homérique,
Et l’or jaloux !



Sous son œil gris
Se mouvaient les étoiles
D’un esprit fin.

Toujours surpris
Par l’art de ses dédales,
L’air enfantin,

Forçant la joie à ma passion divine,
Dès le matin,
Lorsqu’en riant de me voir lire Pline,
Disait : « J’ai faim ! »

Son jeu joyeux
Et souple, tel que d’elfes
Tourbillonnant

Là sous mes yeux,
Valait Pythie à Delphes :
Un futur tant

Et tant nourri de ces vagues promesses ;
Un futur lent,
Un rythme beau de ressacs et de laisses
Nous entraînant.

Puis l’érosion
Avait rongé la côte
De notre îlot

- Dégradation !
Adieu… pas d’antidote
Au triste lot ;

Fanal enfui de ces amours fanées,
Un peu pâlot,
Le souvenir, feu des belles années,
Résiste au flot…

© Poème posté le 07/06/2024 par Salus

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