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Poème écrit par Deshaiessaintes

Le piment ès poètes (ou Les mots dits)

1
Trimardeur de la rime,
Que je trie sur le tas,
Avec ardeur, je trime,
Et frime du résultat.

J’habite un galetas,
Rue Soufflot, sous les toits,
Soufflé que m’y tutoie,
Le beau linge du gotha.

Une soupente au mitan,
Le paletot mité,
Les fringues inusitées,
La fringale à mi-temps.

Peut me chaut, si j’ai froid,
Si mon réchaud rend l’âme,
Ne me transit d’effroi,
Qu’une transhumance sans âme.

J’en soupe des sacs de toile,
Des havresacs en tas,
Du havre où brille l’étoile,
De Jean Claude Gallota.(1)

Je dois me colleter,
Un raide colimaçon,
D’un remontant, tenté,
Je descends ma boisson.

J’imite dans mon logis,
Gouaille titi et truands,
Les beuglantes de Bruant,
Pavent ma mythologie.

J’arpente Ménilmontant,
Me la joue, Place Colette,(2)
Moulin de la Galette,
Je remplace Yves Montand.

J’ai mon amie de cœur,
Qui est à Albertine,(3)
Ce qu’est la Sacré Cœur,
A la Chapelle Sixtine.

Je bombarde Bardot,
D’ex-voto dans mon gîte,
Quand je l’appelle Brigitte,
On s’agite dans mon dos.

En frac d’épouvantail,
En vrac, je dissémine
Mes vers et mes vermines,
Sous l’auvent d’un ventail.

Un barde en sale état,
En hardes et sans manteau,
Dans mon bastringue, basta,
Bastonne Jean Jacques Milteau.(4)

Quand, cuvant, je rimaille,
Comme un vol de moineaux.
S’éparpille la marmaille,
Du Paris de Doisneau.

Le démon, à midi,
M’en a soufflé un mot,
il m’a dit, que mes maux,
Sont le don des maudits.

Si je grelotte, une paille,
Je m’épouille, le gros lot,
Si l’orpaillage déraille,
Le pompon, matelot.
(1)chorégraphe
(2)emplacement de la Comédie française
(3)cf. Marcel Proust
(4)Joueur d'harmonica

Tous droits réservés © Poème posté le 25/04/2024 par Deshaiessaintes

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