L’odyssée s’initia à la gare Des Ulis :
Sous le regard des vaches, bouffé par le train-train,
Je mâchouillais un grec, hagard et sans entrain,
Dans mon champ de vision, entra un adonis.
Métis tout de nuances, réglisse et caramel,
Que corsaient la vanille et un soupçon d’anis,
De ses poches, il tira, cabossée, une Camel,
Y mêlant des fragrances, que prohibe la police.
Méchamment à la bourre pour choper un Thalys,
J’adorais ces trouées, où la routine déraille,
Retrouver Atlantis, et au moment propice,
Ferrer un gros poisson dans une mer de Corail.
Ma clope surenchérit, et sa longue traine gitane,
L’invita à danser, sur le pas d’un Café,
Les minces ondulations aux capiteuses bouffées,
Poussaient pour que la rame fasse le coup de la panne.
Qu’un coup de pouce divin puisse enrichir ma trame,
Que d’un regain d’audace l’omniscient Narrateur,
Ebahisse de sa science les tout puissants lecteurs :
Durassienne, la Régie, n’en ficha pas une rame.
Comme se dénoue un drame, qu’un tire-laine décanille,
Qu’une dame aux camélias passe de vie à trépas,
Que les douze coups dévoilent la triche et les guenilles,
Les passe-murailles détalent, et je pressai le pas.
Poème écrit par
Deshaiessaintes
La déraison du réseau(Un roman de gare)
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Tous droits réservés © Poème posté le 15/03/2024 par Deshaiessaintes
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