Je ne t'attends pas au bout du chemin
Il en faudra des tours des détours
Pour en arriver à nos fins
Et que nous croisions nos destins
Ton plat principal c'est le manioc
Alors que moi parfois c'est le haddock
Quand pourrons nous un jour marier nos saisons
Pourrons nous un jour ensemble rentrer à la maison
Les poussières de nos terres
Après leurs destructrices inondations
Verront elles un jour se croiser nos fronts
Nos amitiés ne resteront elles que passagères
A cultures différentes
Continents dissemblables
Comme nos rivières portant les mêmes limons
Mais ne donnant pas les mêmes végétations
Nos habits ne portent pas les mêmes misères
Leurs parfums rendent notre amitié passagère
De même que les cultures de nos âmes
Ne se tissent pas d'une identique trame
C'est ce qui rend nos silences, nos absences
Plus légères, on se voit comme si c'était hier
Tu vis avec les racines de ta terre
Mais nous n'avons pas été nourris des mêmes alluvions
Ton éducation, ta formation
Nos cultures sont différentes
Comme jusqu'à nos odeurs
Nous ne vivons pas à la même heure.
Mais nous savons chacun de nous deux
Que malgré des détours, nous avons le même horizon
Qu'un jour nous habiterons la même maison
Car nous vivons chacun du même feu
Le feu de la vie, celui de l'amitié
Celui qui nous a fait nous rencontrer
Celui de deux êtres
Distants de milliers de kilomètres
Deux cultures, deux pays, deux étés,
Deux bannières contenant le même mot : fraternité.
