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Béérëwè -Pirogue-
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Une offrande était faite auprès de Manghénine :
Un pot de tabac brun, quelque igname, un taro ;
Le maître de céans, le grand serpent d’Oro,
Aurait sur l’abattage un regard magnanime.

Un premier coup de hache au pied du kaori,
La sève descendait, c’était la vieille Lune ;
Couchée horizontale, une impeccable grume
Devenait vite un fût, de l’écorce, amaigri.

Sous les cris du cagou, les coups de barre à mine,
Le feu creusaient la chair tendre comme l’uru,
L’herminette évidait, lissait le bois écru,
L’oiseau striait le ciel de sa note canine.

L’acte final de ce tropical opéra :
Sur l’épaule, les fustiers portent la fortune ;
Aucun tabou n’est transgressé, c’est la coutume,
Longtemps sur le lagon, l’arbre naviguera.

© Poème posté le 02/01/2024 par Lau

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