Par coeur
6
« Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.»*
Nous ânonnions cette romance
fleurant la craie l’ardoise et l’encre
sans en saisir la quintessence
Scandé par nos voix de faussets
l’automne avait moins de sanglots**
que de marrons dans son gousset
Cognant de son aile aux carreaux
le vaste ciel si bleu si calme***
nous détournait du noir tableau
Du coin de l’œil nous guettions l’heure
d’aller lâcher sous le préau
le cri des cancres du par cœur
Forçats libérés de leurs chaînes
nous ne goûterions que plus tard
la mélancolie de Verlaine
qui sommeille dans nos mémoires
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.»*
Nous ânonnions cette romance
fleurant la craie l’ardoise et l’encre
sans en saisir la quintessence
Scandé par nos voix de faussets
l’automne avait moins de sanglots**
que de marrons dans son gousset
Cognant de son aile aux carreaux
le vaste ciel si bleu si calme***
nous détournait du noir tableau
Du coin de l’œil nous guettions l’heure
d’aller lâcher sous le préau
le cri des cancres du par cœur
Forçats libérés de leurs chaînes
nous ne goûterions que plus tard
la mélancolie de Verlaine
qui sommeille dans nos mémoires
*Extrait de Poèmes saturniens de Paul Verlaine
** « Les sanglots longs des violons de l’automne »
*** « Le ciel est, par-dessus le toit, Si bleu, si calme ! »
Verlaine, Sagesse
** « Les sanglots longs des violons de l’automne »
*** « Le ciel est, par-dessus le toit, Si bleu, si calme ! »
Verlaine, Sagesse
