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Transports amoureux
2

On se gèle les miches, au Boul’Mich’, le ciel se traine,
Une gueule de rocambole, que la foule patafiole,
Me reviennent les rengaines, d’une charade de Donen,(1)
D’un refrain de Trenet : je réfrène mes guiboles.

Drainant mes grolles Etam, l’humaine marée m’entraine
Flâner aux Capucines,(2) j’y glane quelques dirhams,
A l’aune du brassage fauve, à l’entrée de l’arène,
Je me sauve, mais, d’un faune, un faux pas me rétame.

Les vitrines fleurent le gui et la mélasse foraine,
Les quidams fauchés pleurent, mirent l’antienne des réclames,
N’y gagnant qu’une migraine, et guignant les étrennes,
L’ire des sirènes de cire, que les rupins réclament.

Coup de bol, ou de pouce, d’avaricieux Midas
Font la retape, aux Puces, de faux Leonidas,
Ma petite reine, au clou, dans la petite couronne,
Mes godasses y ressassent la collante de Cambronne.

Méli-mélo d’humus, dans le tromé se trament,
Des complots et des drames : bidasses et sacs à puces
En sandales Adidas et LIDL habitus,
Mêlent un mélo de Sirk(3) au cirque de la rame.

Le lacis des tam-tams de Picpus à Vincennes
Les galaxies vandales graffant les abribus,
Les rébus que griffonne un badass(4) sous Tranxene,
Trôlent une colonne Buren, que talonne Diane Arbus.

Dans ces entrailles m’obsède, la proche anthropocène,
Montent, comme de mauvaises graines, de vagues humeurs maussades,
De veules applis dégueulent de vaines lapalissades,
M’assènent des vannes obscènes sur Charlie qu’elles aliènent.

Comme on annonce Phébus, d’avance, je me promène
Comme le chantait Brassens, in naturalibus
Dans des contrées lointaines, quand Brassaï me ramène,
Aux michelines et trams, aux trolleys omnibus.

(1)charade, film de Stanley Donen avec Cary Grant et Audrey Hepburn.
(2) Adresse de l'Olympia
(3)Douglas Sirk, réalisateur, entre autres du Secret magnifique ou du Mirage de la vie.
(4)Dur à cuire

© Poème posté le 16/10/2023 par Deshaiessaintes

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