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Invitation au bonheur
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J'ai franchi le cap de la cinquantaine,
les os en eaux troubles,
le corps parfois chaud, parfois froid.
Je ne fais plus qu'observer
les nuances de l'instant,
le bleu franc des nuits solitaires,
l'obscurité intérieure des jours tumultueux.
Plus rien ne sera comme avant,
l'amour confiné est suspendu.
Je ne me satisfais désormais que de peu,
le ventre paré de pastels.
Demain, j'irai peindre mon étoile.

J'ai franchi le cap de la cinquantaine,
une fenêtre s'ouvre sur l'horizon.
À bord d'un train au bois doré,
émerge une larme de Freyja,
vêtue de rouge, elle danse,
longe une cascade d'eau,
où l'herbe, est à la fois courte et sauvage,
puis disparaît derrière les rochers sombres.
Parfois, il faut traverser la brume,
pour retrouver la symphonie de la vie.
Je ne demande presque rien,
mes souvenirs me réconfortent.
Demain, j'irai envahir ses rêves.

J'ai franchi le cap de la cinquantaine,
l'horizon se dessine à l'extrémité de la voie.
Mon ventre regorge de virages,
un goût d'orange liquide sur les lèvres,
la pulpe sucrée de ses baisers,
une peau, un champ de neige,
où le blé germe et le soleil s'endort.
Je veux me perdre dans ses défis,
partager ses joies, ses douleurs,
ses horloges diluviennes,
les tempêtes sur mon visage.
Je ne me restreins qu'à l'essentiel,
à l'étreinte de nos mains amoureuses.
Demain, j'irai raviver notre passé.

J'ai franchi le cap de la cinquantaine,
où la raison s'égare parfois.
Je veux arracher le temps qui me reste
des murs qui m'enserrent.
Dériver, danser, respirer, vivre,
avec son sourire et ses larmes,
jusqu'à ce dernier bal des silences.
Je l'aime, je l'aimerai en toute confidence,
dans les hauts et les bas de la vie.
Je l'admire, sincère et sans artifice,
comme au premier contre-jour,
qui a capturé les traits de mon amour.
Demain, il nous faudra peu de chose,
pour goûter l'invitation au bonheur.

© Poème posté le 21/09/2023 par Jamespx

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