Photo de Lau
Poème écrit par Lau

Electrique



J’allais pêcher naguère au bord des matins froids
Les perches arc-en-ciel et le sandre vivace
A la cuiller, au toc, à fleur d’eau, dans la vase,
A tout ce qui s’eschait ; pour l’amorce, des noix

De fenugrec et d’un chaud coprah, la mélasse
-Au coup, la tanche offre un ballet du meilleur choix-
Bien qu’abstème alevin, le carpeau veut sa croix
D’anis et de dictame augurant quelque extase.

La veille sous la Lune et le salamalec
D’un Achab obsédé du flanc d’un Moby-Dick,
Brillaient d’argent déjà le sillon, la sonnette,

Et, des Sargasses, l’heur du visqueux et vil rite :
L’éclair de la dent de l’anguille qui s’excite,
Quand glousse un glas sur le sein de la goujonnette.

Tous droits réservés © Poème posté le 20/06/2021 par Lau

...