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Poème écrit par Louis Vibauver

Les toréadors

Pour aimer la raison, Ils détestent les taures
Et les boeufs. Leur passion Les oppose à la mort.
Sans gardian ni personne, Ils l'affrontent en brave
Et seuls quelques péons Savent ce qu'ils en bavent.
Seul avec une bête, Leur courage est sans borne;
Sans se prendre la tête, Ils évitent les cornes.
Avec les picadors, Les mulétas s'agitent
Et devant ce folklore Le toro lors hésite.
L'arène a bien des rois Selon l'heure et l'endroit
Et son fan en primo Est l'aficionado.

Dans leurs beaux habits d'or Et en pleine lumière,
Ils jouent les matamores La tête haute et fiers.
Ils font de belles passes Que, Véronique aux cieux,
Juge tell'ment sensas(se) Qu'ell' leur octroie la queue.
Il faut voir comme ils bandent Le bas ventre qu'ils drapent
Quand, audacieux, ils tendent A l'animal leur cape.
Ils se piquent au jeu Pour planter, méchants drilles,
Dans un envol gracieux, De longues banderilles.
L'arène a bien des rois Selon l'heure et l'endroit
Et son fan en primo Est l'aficionado.

Pour les yeux de Carmen Ils battent le rappel
Et, jaloux, les taureaux Foncent au grand galop.
Ils ont les boules, sûr, Pour charger même un mur
Et c'n'est pas frontal'ment Qu'il faut chercher leur gland.
A courir l'arlésienne Ils sont tous comme fous
Et vidés de leur haine, Les voici à genoux.
Tout est prêt pour la fin: Le râle et l'estocade,
La mort est le destin De cette mascarade.
De l'homme ou de la bête, Savons-nous donc qui est
Le héros de la fête Pour être satisfait?

Tous droits réservés © Poème posté le 01/03/2021 par Louis Vibauver

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