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Peinture de prison
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L'école de la vie : Au gré des destins

Sur le bord d'une vie, il existe un chemin
Vers l'école, dit-on chemin des connaissances
Où l'on apprend d'abord à être citoyen
Et si il y a affinité, forger ses compétences.

Sur le chemin de l'école, il existe bien une vie
Seulement voilà, parfois on marche sur la tête.
On détricote tout et ça ne donne plus envie
Sauf si on a la vocation, on insiste et on s'entête.

Au milieu de la route on croise des pèlerins
Qui ont voyagé à travers les geôles du temps
Parfois Ils nous reviennent des souterrains
De Kénitra, Laâlou ou Tazmamarte tout autant.

Parfois sur le chemin on croise un prophète
Qui nous prédit le passé enfoui qui nous fuit
Des années de lutte, nostalgie imparfaite
Années de plomb peintes en noir enduit.

Professeur Abdellatif à l'École, nous emmène
Dans les mémoires des tombes verticales
Des fantômes dans ses toiles, se promènent
Et racontent le récit du mouvement radical.

Parfois les chemins se perdent sans raison
Les souvenirs se brouillent et s'entremêlent
Si bien qu'on confond le zenith et l'horizon
La toile peinte en noire l'histoire pêle-mêle.

La verticalité des geôles est uniforme
Pour Darkaoui et ses camarades
Espace à une dimension difforme
Vies volées par un régime rétrograde.

Au jardin des combattants de lutte
Est semée une flamme horizontale
Vibrant aux sons mélodieux du luth
Dans les toiles de la Tombe Verticale.

Toiles celestes aux couleurs du trou Noir
Absorbant le champ gravitationnel
Des tortionnaires et des douleurs de l'écorchoir
Peintures de prison et poèmes, tout un panel.
Toile faite en prison en 1980 avec des cendres, du cirage de la dentifrice de Abdellatif Darkaoui : témoignage des années de plomb sous la dictature marocaine

© Poème posté le 29/01/2021 par Nihilisteo

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