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Sous la lune
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Elle s'est accoudée, sous la lune limpide,
A sa fenêtre ouverte où le silence étend
Son souffle d'infini. La nuit, sans une ride,
Coule parmi les rues où l'espace descend.

Elle entend, née du fond d'une cour inconnue,
Une chanson paisible où le temps s'est assis,
Une chanson pareille à la brise ténue
Qui se niche au plus sourd des jardins endormis.

Elle écoute la voix de celui qui s'attarde
A l'heure solitaire où la lune paraît,
Pensive à sa fenêtre immobile elle garde
En son secret la voix de celui qui se tait.

* * *

Près du seuil entrouvert, sous la lune sereine,
Ils se tiennent la main, et le temps leur suffit,
Et le silence porte à la brise prochaine
Leurs regards effleurés au bord de cette nuit.

Elle écoute la voix de la chanson aimée,
La voix de l'inconnu qu'elle guettait, la voix
Qui, maintenant pour elle à peine murmurée,
Chante la mélodie qui l'émut tant de fois.

Elle entend l'infini, elle entend l'indicible,
Elle entend ce qui vibre au plus profond des mots,
Elle entend ce qui monte au-delà du visible :
La lumière de l'âme, et du coeur le repos.

* * *

La porte est refermée sous la lune complice
Et le jardin se tait. Le sommeil des enfants
Berce le lent silence, et sous le toit se glisse
Le calme de la nuit plein d'échos caressants.

Elle entend le ciel vaste et l'espace immobile,
Elle entend respirer l'ombre de la maison,
Elle entend, tout au fond de son âme tranquille,
La voix, la mélodie, les mots de la chanson.

Elle écoute dormir, étendu tout près d'elle,
Celui qui marche à ses côtés jour après jour,
Celui dont le regard, protecteur comme une aile,
Est habité du souffle infini de l'amour.

* * *

Assis sur le vieux banc, sous la lune pensive,
Ils sont main dans la main ... Le silence descend
Converser avec eux dans la brise furtive
Où s'est caché l'écho de la chanson d'antan.

Elle écoute la voix, frêle comme un murmure,
De celui qui jamais n'a cessé de l'aimer,
Chanter les mots si doux, la mélodie si pure,
Tout comme au premier soir sous le ciel étonné.

Elle entend chaque pas du chemin fait ensemble,
Chaque fleur respirée, chaque ravin franchi,
Et, sur le fil ténu de cette voix qui tremble
Sous la lune, elle entend le temps et l'infini ...




Ce poème a également un sous-titre :
"Une vie de femme"

© Poème posté le 17/07/2019 par Ombrefeuille

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