Et je repense à toi, comme on pense au printemps,
Mille archets à la fois s'appliquent dans le vent
A me refaire encore, et encore regretter...
Ce qui fut notre accord, notre agrément parfait.
Et je repense à toi, comme on pense au bonheur,
Ce papillon de soie qui sème ses couleurs,
Et les archets glissés sur corps de lassitude
Ne parlent qu'au passé, par jeu, par habitude.
Et je repense à toi, mais à quoi bon ce jeu,
Jeu d'images parfois qui parlaient de nous deux,
Puisqu'il faut bien le dire, les roses qui s'effeuillent,
Se fanent à l'automne, se fanent en grand deuil...
Lorsque s'assombrit l'heure, lorsque l'amour se meurt.
Et je te vis un jour, tu passais dans la rue,
Je fis un grand détour, toi tu ne m'as pas vue,
Je détournais la tête et te laissais passer,
Tu m'as fait trop souffrir, je ne peux l'oublier !
