Poème écrit par
Salus
Mesquine vengeance de l’âge
2
Pour toi donc, le bonheur, c’est la moindre des choses !
Il est tout naturel, comme l’épine aux roses ;
Rien qui relie, enfin, les effets et les causes,
Les blessures du cœur et les graves nécroses
Qui font puruler l’âme, et dont, gaiement, tu gloses !
Jeune fille rieuse, et prompte, et sans soucis,
Si vive à dénigrer nos sentiments rancis,
Lorsque l’amour aura fait ton vieux cœur rassis
Lorsque, beaucoup trahis, tes yeux, feux radoucis,
Noyés par chaque larme, en naufrages sancis,
Regarderont au loin les douces souvenances
Et que tes doigts usés caresseront les ganses
Des rubans parfumés pleins d’anciens serments rances,
Ou flottent vaguement, encor, quelques fragrances,
Quand tu repenseras tes flirts fous et tes danses,
Alors ce beau présent qui t’est si naturel,
Te semblera plus spectral qu'un vol de pétrel ;
Et regardant ton morne et malheureux réel,
Tu verras que le ciel seul est intemporel,
Que la vie est tragique et son final cruel !
… Les blessures du cœur et les graves nécroses,
Lorsque l’amour aura fait ton vieux cœur rassis,
Regarderont au loin les douces souvenances…
Tu verras que le ciel seul est intemporel.
Tous droits réservés © Poème posté le 04/05/2018 par Salus
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