Far niente
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Ma plume se fait nonchalante
Et mes pieds s'esbignent, malins
O comme la brise est charmante
Et tentateurs les chants marins !
Les palmes bruissent et m'invitent
A délaisser sur mon bureau
Les feuillets noircis qui méditent
( L'inspiration me fait défaut!)
Cédons à ce désir coupable
« Far niente » tout au long du jour !
Marcher tranquille sur le sable
Je cède... et vais y faire un tour !
Farniente, est-ce donc si coupable
Faut-il s'en accuser aux dieux ?
C'est bien sûr, encore une fable
Pour rendre tout bonheur odieux !
Le soleil baigne mon visage
Et mes pieds sont de vif-argent
C'est l'heure où l'on oublie son âge
Où l'esprit flâne, divergent !
Far niente a dit un jour un Corse
Far niente a chanté l'italien
Ah, vous comprendrez bien, à force
Qu'il est doux de ne « faire rien » !
