Qu’un peu de moi perdure !
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Quand mon corps et mon âme auront fini la route
N’en faites pas un drame, emmenez-moi dormir
Au pied de l’arbre que j’aimais tant voir fleurir,
Epargnez-moi les pleurs et l’ennui de l’absoute.
J’ai toujours redouté l’éprouvant protocole
Qui met au garde-à-vous l’ordre des funérailles.
Allumez sans façon du feu sous mes entrailles
Et laissez-moi partir au gré des fumerolles.
Nul besoin d’un caisson rebaptisé cercueil,
Pour lequel un beau chêne aura fourni les planches.
Laissez-le libre de prêter longtemps ses branches
Aux nids des rossignols, fauvettes et bouvreuils.
Je ne redoute rien de pire qu’un caveau
Strictement aligné au lieu-dit cimetière.
Plus propice au repos est l’arche forestière
Embaumée de genêts et bordée de sureaux.
Qu’un guéret de fusains, un buisson de mûriers
Abrite simplement ma moelleuse tanière,
Que mes cendres mêlées à l’humus de la terre
Nourrissent les bourgeons d’un joli merisier.
Pensez, quand vous verrez reverdir la nature,
Que je suis devenue, par mon modeste apport,
Un infime détail du merveilleux décor.
Qu’au cœur de la forêt un peu de moi perdure !
N’en faites pas un drame, emmenez-moi dormir
Au pied de l’arbre que j’aimais tant voir fleurir,
Epargnez-moi les pleurs et l’ennui de l’absoute.
J’ai toujours redouté l’éprouvant protocole
Qui met au garde-à-vous l’ordre des funérailles.
Allumez sans façon du feu sous mes entrailles
Et laissez-moi partir au gré des fumerolles.
Nul besoin d’un caisson rebaptisé cercueil,
Pour lequel un beau chêne aura fourni les planches.
Laissez-le libre de prêter longtemps ses branches
Aux nids des rossignols, fauvettes et bouvreuils.
Je ne redoute rien de pire qu’un caveau
Strictement aligné au lieu-dit cimetière.
Plus propice au repos est l’arche forestière
Embaumée de genêts et bordée de sureaux.
Qu’un guéret de fusains, un buisson de mûriers
Abrite simplement ma moelleuse tanière,
Que mes cendres mêlées à l’humus de la terre
Nourrissent les bourgeons d’un joli merisier.
Pensez, quand vous verrez reverdir la nature,
Que je suis devenue, par mon modeste apport,
Un infime détail du merveilleux décor.
Qu’au cœur de la forêt un peu de moi perdure !
