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Poème écrit par Salus

Abjection



Les barbares, de tous temps
Sus aux foyers déferlèrent
Derrière eux nos enfants errent,
Disparaissent aux étangs…



C’est une honte immense d’être humain ;
Posséder comme un dieu toute vie à sa main ;
Quand tout en nous noircit l’honneur étique ;
Pourrir hier, et condamner demain !
Parler d’intelligence ! oser dire : l’éthique !
Pulluler - pouah ! telle l’ignoble tique.

Si je pouvais ! échapper à ce sang,
Même à la rime, aller l’inverse de la gens !
Si l’anthropien m’abandonnait - magie !
Quel paradis ! dans l’immaculé blanc,
Au plein d’un cœur battant d’innocence assagie…
Mais ! hors du monde ! et notre âme est agie.

Je suis né monstre ! Ogre et vil, pour tuer.
Dés lors, c’est bien trop tard, mieux vaut s’habituer !
S’accepte-t-on ? tordu, lamproie et goule !
Que servira, désormais, de ruer !
Seul, heureusement nul, je suis l’os de la foule !
J’ai le poison qu’on veut m’attribuer..

L’être debout, c’est l’horreur, le mal, hein !
C’est la plaie et le chancre, et la pyrale au grain !
C’est, foisonnant, des cailloux dans un rein !
L’être de boue ? un prédateur sans frein !
Eructant ! fade et bas ; chiant sur le jasmin !

C’est une honte immense d’être humain…


Nous-même, ici, pour y vivre,
Avions violé toutes sœurs
Des trop doux prédécesseurs ;
Et chaque massacre enivre !

Tous droits réservés © Poème posté le 09/12/2016 par Salus

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